LE CHILI

Samedi 4 novembre 2006

P
endant la majeure partie des années quatre-vingt-dix, le Chili a été le modèle de réussite économique par excellence en Amérique Latine. Fort d’un taux de croissance annuel moyen de plus de 6%, il arborait déjà, en 1997, un taux d’instruction élevé, une infrastructure matérielle robuste et un produit national brut approchant les 4000 $ US par habitant.
Au cours des 150 dernières années, le Chili s’est tourné vers l’exportation de ses ressources minérales, d’abord les nitrates (utilisés dans la fabrication des engrais), puis le cuivre, surtout à partir des années 30. Il demeure depuis longtemps le principal exportateur de cuivre au monde, et ce métal constitue sans contredit un pilier majeur de son économie.
Bien que le cuivre représente toujours, et de loin, la principale exportation du Chili, le pays a récemment réussi à diversifier ses exportations, notamment au chapitre des produits de la pêche, des produits forestiers, des fruits et des vins, sans oublier certains biens manufacturés.
Du coté des mines le cuivre ne détient pas un monopole absolu puisque le Chili est également un important producteur de fer, de zinc, de molybdène, d’argent et d’or.
Le secteur agricole a longtemps constitué l’épine dorsale de l’économie Chilienne. Les produits les plus importants de l’agriculture Chilienne, en termes de volume, sont la betterave à sucre, le blé, le raisin, la tomate, le mais, la pomme de terre et la pomme douce, quoique d’autres céréales, fruits et légumes soient aussi cultivés en grande quantité.
L’électricité provient en grande partie de sources hydrauliques.
Les usines produisent notamment des boissons et des aliments traités, des produits chimiques, de l’acier, du papier, des produits textiles, des produits à base de métaux, du bois, des vêtements et du ciment.
En 1999, à la suite de 12 ans de croissance économique rapide, le Chili a glissé dans la récession. Cela fut le résultat d’une forte chute dans le prix mondial du cuivre, qui compte encore pour 40% des exportations Chiliennes, ainsi que des difficultés économiques et financières qui ont frappé les associés commerciaux du Chili en Extrême-Orient et au Brésil.
Source: Guide Ulysse Chili - Auteur Eric Hamovitch
 
Les principaux accords commerciaux

Accord d'association signé avec le Mercosur en 1996
Accord de coopération avec l'Union Européenne en juin 1996
Accords avec le Canada et le Mexique
Accords de libre échange avec des pays latino-américains (Colombie, Équateur, Venezuela...)
Membre de l'APEC depuis 1994

par hélène&tony publié dans : Généralités : le cuivre, c'est quoi ?
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Mardi 24 octobre 2006
 
 
 
 
 
Hier, la plus grande mine de cuivre au monde, la mine d'Escondida, dans le nord du Chili, qui fournit à elle seule 8 % de la production mondiale, vivait les dernières heures du plus long conflit social du secteur.
Après deux semaines d'une grève tendue qui aura maintenu en haleine le marché international du métal rouge, les 2 052 mineurs grévistes devaient dire s'ils acceptaient ou non l'ultime proposition présentée par l'entreprise anglo-australienne BHP Billiton, qui contrôle 57 % de la mine.
Avec la flambée des prix du cuivre, les bénéfices de l'entreprise ont fait plusieurs fois la culbute. Il y a une semaine, le groupe a affiché des excédents records pour le premier semestre : 2 918 millions de dollars, soit 211 % de plus que l'année dernière au même moment.
 
Les mineurs exigent donc leur part du gâteau : ils veulent des contrats collectifs comprenant de meilleurs salaires et plus d'avantages sociaux. «Evidemment, comparé au reste des salaires chiliens, nous apparaissons comme des privilégiés, se justifie Pedro Marin, le porte-parole du syndicat unique d'Escondida, face à certaines critiques de la presse. Notre salaire est en moyenne de 1 467 euros (parmi les meilleurs du secteur privé minier au Chili, ndlr). C'est sans commune mesure avec les bénéfices réalisés par l'entreprise grâce au fruit de notre travail.» 
Le syndicat réclame 10 % d'augmentation salariale et une prime de près de 23 500 euros par travailleur. Selon le quotidien chilien la Tercera de samedi, la direction a revu ce week-end son offre à la hausse, en proposant jusqu'à 4 % d'augmentation salariale (au lieu des 3 % présentés antérieurement) et près de 14 000 euros de prime (au lieu de 11 700). Elle exige cependant que les nouveaux contrats collectifs durent non pas deux ans, mais quatre. Une façon de se préserver d'un nouveau conflit à court terme.
 
La pression sur le syndicat unique de la mine Escondida, le plus important du secteur privé du Chili, est d'autant plus forte que la grève entre aujourd'hui dans son quinzième jour. Désormais, selon la législation chilienne, chaque gréviste peut se désolidariser du syndicat et négocier directement son contrat avec l'entreprise. «Ce sont les jeunes, qui n'ont pas de culture syndicale très ancrée, qui risque de se désolidariser du mouvement et de fragiliser nos revendications», expliquait hier Pedro Marin. Jusqu'ici, la grève avait du poids : les 2 052 grévistes représentaient 97 % des travailleurs syndiqués, soit 82 % des employés de l'entreprise (sans compter les sous-traitants).
 
De son côté, BHP Billiton aura perdu, au cours de ces deux semaines, 100 millions de dollars. Jusqu'à jeudi, la mine n'extrayait que 10 % de ses capacités et la production de métal ne fonctionnait qu'à 40 % (3 600 tonnes par jour). Jeudi, une manifestation de 800 grévistes a bloqué l'entrée de la mine aux 2 000 salariés ­ la plupart sous-traitants ­ qui continuaient d'y travailler. La direction a claqué la porte des négociations et interdit l'entrée de la mine, fermant le site «jusqu'à ce soient garanties les conditions de sécurité et de légalité». 
Suite à l'intervention de la police, un gréviste a été légèrement blessé. Vendredi, le gouvernement a proposé sa médiation, un geste peu commun de la part de l'exécutif chilien, habituellement en retrait dans les conflits relevant d'entreprises privées, et a réussi à réunir, samedi, les deux parties à la table des négociations. La production minière doit, elle, redémarrer aujourd'hui, le syndicat s'étant engagé à ne plus gêner son activité.
 
Si le gouvernement a réagi, c'est que l'Etat chilien perd des billes dans le conflit. D'abord, parce qu'Escondida est le plus gros contributeur privé de taxes au budget national, avec 7 millions de dollars par jour. Qui dit paralysie de l'activité de la mine dit perte sèche pour le fisc. Ensuite, parce que la grève crée un précédent. Les contrats collectifs de la mine Cerro Colorado, également contrôlée par BHP, et surtout ceux des divisions Andina et Codelco Nord, contrôlées par l'entreprise publique Codelco (la première du pays), arrivent à terme d'ici à la fin de l'année. Après le bras de fer d'Escondida, toute la profession va aligner ses revendications sur les augmentations du privé.
 
paru dans LeFigaro le 21 Août 2006, auteur Claire Martin
par hélène&tony publié dans : La grève de la mine Escondida d'août 2006
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