Mardi 12 décembre 2006

 

L'économie chilienne est en plein essor bien qu'elle n'ait jamais vraiment ralenti (excepté en 1999). Pendant ces 15 dernières années, le Chili a été surnommé le "Tigre de l' Amérique Latine", affichant des taux d'expension économiques plus proches de ceux des pays dynamiques d'Asie du Sud-est que de ceux de ses pays voisins. De fait, bien que non membre de l'OCDE, le Chili dépasse certains pays membres, pour la productivité du travail par exemple.

 

Depuis 1999, la croissance du Chili est restée relativement molle par rapport à la performance habituelle du Chili. Il y a 2 causes à cette décélération :

  • les évolutions conjoncturelles et internationles
  • les faiblesses structurelles

Néanmoins, le Chili a connu un rebond en 2004 avec une progression de 6% du PIB; 3 causes pour ce regain :

  • l'augmentation croissante du cours du cuivre
  • l'investissement gixe gobal a fait un bond de 13% en 2005
  • la consommation privée a augmentée de 6%

Le PIB/habitant s'est accru plus rapidement que celui du Mexique ou de la Turquie.

Cependant, selon une récente étude de l'OCDE, le Chili doit maintenir cette vigoureuse croissance pour combler l'écart de niveau de vie avec l'ensemble de la zone OCDE.

Il n’y a pas de croissance durable sans bases économiques solides. De ce point de vue, le Chili est sur la bonne voie :

  • La politique monétaire fonctionne bien, avec une inflation stable et peu élevée, à 2,4 % en 2004.
  • La gestion budgétaire est également exemplaire. Le prix élevé du cuivre y a bien sûr aidé, mais le gouvernement a réussi à résister aux pressions visant à dépenser ces recettes inattendues. En effet, les autorités ont promulgué en 2000 une règle budgétaire qui veut que les recettes exceptionnelles liées au cuivre soient économisées dans les périodes fastes, afin d’aider à rembourser la dette et à financer certaines dépenses dans les années difficiles. Le respect de cette règle porte ses fruits.

La dette publique diminue aussi. La dette nette de l’administration centrale et de la banque centrale a représenté moins de 6 % du PIB en 2004, contre à peu près un tiers du PIB en 1990. Cela a permis au gouvernement de dépenser davantage pour des programmes sociaux, et de réduire sa dépendance à l’égard du financement étranger – le talon d’Achille de nombreuses économies de la région.

Le Chili est aujourd’hui le seul pays d’Amérique latine, hormis le Mexique, dont les emprunts souverains sont notés comme des valeurs de premier ordre.

Il faut au Chili maintenir la règle fiscale tout en prévoyant certaines dépenses, en particulier celles qui seront liées au vieillissement et aux retraites dans les années à venir. Le Chili a été un précurseur en matière de réforme des systèmes de pensions au début des années 80, remplaçant un régime par répartition, financé sur les ressources publiques, par un système dans lequel les travailleurs épargnent sur des comptes individuels d’épargne-retraite. Ce système fonctionne bien, mais n’a pas tenu toutes ses promesses : les versements sont irréguliers, et les sommes insuffisantes pour assurer un revenu confortable après la retraite.

Il est important de résoudre ces difficultés, pour l’avenir des finances publiques du Chili et son potentiel de croissance.

Au-delà de la nécessité d’assurer la stabilité économique, d’autres mesures seraient également bienvenues.

3 difficultés sont à maîtriser :

  • l’encouragement à l’innovation, qui connaît déjà des conditions favorables : les taux d’intérêt réels sont faibles, les régimes d’échanges internationaux et d’investissement étranger sont assez libéraux, et la réglementation sur les marchés des produits et du travail est raisonnablement proconcurrentielle. Bien que les dépenses de recherche et développement, en proportion du PIB, soient comparables à celles de certains pays de l’OCDE, elles sont encore trop faibles, à 0,7 % du PIB en 2002, et financées principalement par l’État, dans un cadre institutionnel assez cloisonné. Les autorités ont l’intention d’encourager les activités de R&D à l’aide d’une nouvelle taxe minière. Elles envisagent aussi de créer un conseil attaché au cabinet du Président pour conseiller le gouvernement dans ce domaine. Mais pour que ces initiatives réussissent, l’argent public doit être dépensé avec sagesse et transparence, de manière rentable et concurrentielle, sur des projets de R&D qui exploitent les avantages comparatifs du Chili. Il pourrait s’agir notamment de projets de développement de technologies pour les entreprises agro-industrielles et les activités extractives. L’avenir jugera de l’adéquation des politiques mises en oeuvre dans ce domaine.

 

  • il faut continuer à renforcer le climat de l’investissement dans les industries de réseau. La réglementation en vigueur fonctionne raisonnablement bien, mais peut être améliorée. Dans le secteur de l’électricité, par exemple, une nouvelle loi assure la sécurité de l’approvisionnement, dans un contexte de ruptures répétées des livraisons de gaz naturel en provenance d’Argentine. Il faudrait aussi envisager la possibilité de séparer la vente au détail de la distribution, afin d’encourager plus d’efficacité en permettant aux détaillants d’établir des barèmes de prix adaptés aux préférences des consommateurs. Les partenariats public-privé aident à progressivement réduire le « déficit d’infrastructure » du Chili, dans des domaines comme les routes et les ports. Cependant, à mesure que ce déficit diminue, il faut améliorer la gouvernance au sein de ces partenariats, c’est-à-dire renforcer les contrôles indépendants et les bilans, et veiller à préserver le budget des dépenses imprévues.

 

  • 3ème difficulté : le potentiel de croissance du Chili passe aussi par une meilleure utilisation de la main d’oeuvre : il faut trouver des moyens d’inciter les gens à travailler et à améliorer leurs qualifications. Le taux d’activité de la population active est assez faible au Chili, surtout chez les femmes et les jeunes. Cela tient peut-être à des raisons culturelles, mais il est difficile pour les femmes de travailler, car les frais de garde et de scolarisation en maternelle pour les enfants sont chers. À long terme, il y aura sans doute beaucoup à gagner d’un progrès dans l’accumulation de « capital humain », surtout dans l’économie actuelle, fondée sur le savoir.

C’est précisément le domaine dans lequel le Chili a le plus de retard par rapport aux pays de l’OCDE. C’est pourquoi l’amélioration de la qualité et des résultats à tous les niveaux du système éducatif sera sans doute la principale difficulté à surmonter dans les années à venir. La réalisation de cet objectif renforcerait non seulement le potentiel de croissance à long terme du Chili, mais aiderait aussi à réduire l’inégalité des revenus. Même si les indicateurs sociaux se sont améliorés au fil des années, avec un recul de la pauvreté, la société chilienne reste très inégalitaire.

article synthétisé et remis en forme par Hélène

Références

 

Synthèse de l’OCDE : « Étude économique du Chili, 2005 ».

Oliveira Martins, Joaquim, et Mulder, Nanno (2003), « Économie chilienne : la voie à suivre », dans L’Observateur de l’OCDE n° 240/241, décembre.3

par hélène&tony publié dans : Actualités : les dernières info
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Mardi 12 décembre 2006
 

La bio-extraction du cuivre grâce à des bactéries



La société BioSigma a annoncé durant le mois d'octobre avoir isolé deux bactéries particulièrement intéressantes pour l'extraction de cuivre à partir de minerai brut, ce qui pourrait permettre d'exploiter de nouveaux gisements au Chili.

La "joint-venture" BioSigma a été créée en 2002, grâce aux capitaux de la société Nippon Minings & Metals et de la compagnie minière nationale chilienne CODELCO, afin de mettre en oeuvre des procédés biotechnologiques appliqués à l'industrie minière. L'un de ces procédés est la bio-extraction, ou "bioleaching" en anglais. Il consiste à tirer parti des capacités naturelles de certaines bactéries qui peuvent briser les liaisons des molécules telles que la chalcopyrite (CuFeS2), relâchant alors des ions Cu2+ en solution. Les deux souches de bactéries ont été brevetées en mai 2006 et sont intitulées "Wenelen DSM 16786" et "Licanantay DSM 17318". Il est à noter que d'autres techniques faisant appel à des champignons sont actuellement à l'étude.

Cette méthode bactérienne a l'avantage d'être potentiellement plus écologique et économique que les méthodes d'extraction classiques (moins de dépenses énergétiques et moins de polluants). De plus, elle permet d'exploiter des gisements dont la faible concentration en métal n'autorise pas une extraction classique ou même des mines en fin de vie. Mais la réaction de bio-extraction peut prendre beaucoup de temps et peut quand même parfois dégager des résidus toxiques (acide sulfurique...).


Nippon Mining Holdings, la maison mère de Nippon Minings & Metals, a annoncé la construction d'une usine d'extraction au Chili en 2007, avec un objectif de rentabilité à l'horizon 2009-2010, de manière à pouvoir satisfaire la demande croissante de matières premières des économies indienne et chinoise.

Par Matthieu Rosenberg
Extrait du BE Japon N°423 - Ambassade de France au Japon, le 22/11/2006
Voilà une bonne nouvelle sur le plan du développement durable et pour l'élan environnemental que connaît le Chili ces dernières années, en effet lors des dernièrs meeting regroupant les grands groupes exploiteurs de minerais et le gouvernement chilien, l'accent était porté sur l'importance de mettre des moyens en oeuvre afin de préserver au maximum les conséquences écologiques de l'extraction du cuivre.
Hélène.
par hélène&tony publié dans : Actualités : les dernières info
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