Mardi 24 octobre 2006
 
 
 
 
 
Hier, la plus grande mine de cuivre au monde, la mine d'Escondida, dans le nord du Chili, qui fournit à elle seule 8 % de la production mondiale, vivait les dernières heures du plus long conflit social du secteur.
Après deux semaines d'une grève tendue qui aura maintenu en haleine le marché international du métal rouge, les 2 052 mineurs grévistes devaient dire s'ils acceptaient ou non l'ultime proposition présentée par l'entreprise anglo-australienne BHP Billiton, qui contrôle 57 % de la mine.
Avec la flambée des prix du cuivre, les bénéfices de l'entreprise ont fait plusieurs fois la culbute. Il y a une semaine, le groupe a affiché des excédents records pour le premier semestre : 2 918 millions de dollars, soit 211 % de plus que l'année dernière au même moment.
 
Les mineurs exigent donc leur part du gâteau : ils veulent des contrats collectifs comprenant de meilleurs salaires et plus d'avantages sociaux. «Evidemment, comparé au reste des salaires chiliens, nous apparaissons comme des privilégiés, se justifie Pedro Marin, le porte-parole du syndicat unique d'Escondida, face à certaines critiques de la presse. Notre salaire est en moyenne de 1 467 euros (parmi les meilleurs du secteur privé minier au Chili, ndlr). C'est sans commune mesure avec les bénéfices réalisés par l'entreprise grâce au fruit de notre travail.» 
Le syndicat réclame 10 % d'augmentation salariale et une prime de près de 23 500 euros par travailleur. Selon le quotidien chilien la Tercera de samedi, la direction a revu ce week-end son offre à la hausse, en proposant jusqu'à 4 % d'augmentation salariale (au lieu des 3 % présentés antérieurement) et près de 14 000 euros de prime (au lieu de 11 700). Elle exige cependant que les nouveaux contrats collectifs durent non pas deux ans, mais quatre. Une façon de se préserver d'un nouveau conflit à court terme.
 
La pression sur le syndicat unique de la mine Escondida, le plus important du secteur privé du Chili, est d'autant plus forte que la grève entre aujourd'hui dans son quinzième jour. Désormais, selon la législation chilienne, chaque gréviste peut se désolidariser du syndicat et négocier directement son contrat avec l'entreprise. «Ce sont les jeunes, qui n'ont pas de culture syndicale très ancrée, qui risque de se désolidariser du mouvement et de fragiliser nos revendications», expliquait hier Pedro Marin. Jusqu'ici, la grève avait du poids : les 2 052 grévistes représentaient 97 % des travailleurs syndiqués, soit 82 % des employés de l'entreprise (sans compter les sous-traitants).
 
De son côté, BHP Billiton aura perdu, au cours de ces deux semaines, 100 millions de dollars. Jusqu'à jeudi, la mine n'extrayait que 10 % de ses capacités et la production de métal ne fonctionnait qu'à 40 % (3 600 tonnes par jour). Jeudi, une manifestation de 800 grévistes a bloqué l'entrée de la mine aux 2 000 salariés ­ la plupart sous-traitants ­ qui continuaient d'y travailler. La direction a claqué la porte des négociations et interdit l'entrée de la mine, fermant le site «jusqu'à ce soient garanties les conditions de sécurité et de légalité». 
Suite à l'intervention de la police, un gréviste a été légèrement blessé. Vendredi, le gouvernement a proposé sa médiation, un geste peu commun de la part de l'exécutif chilien, habituellement en retrait dans les conflits relevant d'entreprises privées, et a réussi à réunir, samedi, les deux parties à la table des négociations. La production minière doit, elle, redémarrer aujourd'hui, le syndicat s'étant engagé à ne plus gêner son activité.
 
Si le gouvernement a réagi, c'est que l'Etat chilien perd des billes dans le conflit. D'abord, parce qu'Escondida est le plus gros contributeur privé de taxes au budget national, avec 7 millions de dollars par jour. Qui dit paralysie de l'activité de la mine dit perte sèche pour le fisc. Ensuite, parce que la grève crée un précédent. Les contrats collectifs de la mine Cerro Colorado, également contrôlée par BHP, et surtout ceux des divisions Andina et Codelco Nord, contrôlées par l'entreprise publique Codelco (la première du pays), arrivent à terme d'ici à la fin de l'année. Après le bras de fer d'Escondida, toute la profession va aligner ses revendications sur les augmentations du privé.
 
paru dans LeFigaro le 21 Août 2006, auteur Claire Martin
par hélène&tony publié dans : La grève de la mine Escondida d'août 2006
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Mardi 24 octobre 2006

La plus grande mine de cuivre du monde en grève

lefigaro.fr (avec AFP et la presse chilienne).
 Publié le 10 août 2006
Actualisé le 10 août 2006 : 17h46  
 
En signe de protestation, les mineurs grévistes ont marché jusqu'à Antofagasta, la principale ville de la région.
En signe de protestation, les mineurs grévistes ont marché jusqu'à Antofagasta, la principale ville de la région.
(AFP/J. MUÑOZ )
 

Depuis lundi, les mineurs d’Escondida sont en grève « illimitée ». Ils demandent une revalorisation de leur salaire. En trois jours, la production a baissé de 40 %, faisant naître des tensions sur le marché du cuivre. Ce gisement fournit en effet 8 % de la production mondiale d’or rouge.

 
« Dia del Minero » au Chili. Comme chaque 10 août, les gueules noires du nord chilien s’apprêtent à célébrer le jour de la Saint-Laurent, saint-patron des mineurs. Mais cette année, les célébrations auront un goût amer : les 2.052 mineurs d’Escondida, le plus grande mine de cuivre du monde, sont en grève.
 
Depuis lundi, ils réclament une revalorisation de leurs salaires de 13 % et une prime de 30.000 dollars. Leur argument : BHP Billiton, le principal actionnaire de la mine, en a largement les moyens, compte tenu de la flambée des prix du cuivre, passés de 80 cents de dollar la livre en 2003 à 3 dollars en moyenne actuellement.
 
Et les mineurs ne comptent pas revoir leurs revendications à la baisse : dans la nuit de lundi à mardi, ils ont rejeté une offre de la direction (hausse salariale de 3 % et prime de 16.000 dollars par mineur) et indiqué qu’ils étaient prêts à tenir un mois. « C'est la première véritable grève dans l'histoire de cette entreprise au Chili. On ne peut pas en prévoir le dénouement. Nous sommes prêts à aller jusqu'au bout », a déclaré le porte-parole du syndicat des mineurs. Selon la presse chilienne, le syndicat a prévu de verser des primes de près de 2.000 dollars à chaque mineur si le conflit devait durer tout le mois.
 
Pas de négociations
 
Mercredi, les grévistes ont refusé de revenir à la table des négociations. « Officiellement, les mineurs ont annulé la rencontre parce qu’ils devaient préparer les célébrations pour le jour de la Saint-Laurent », a déclaré Mauro Valdes, le vice-président pour les questions internes de Minera Escondida, au quotidien chilien La Tercera. Mais selon le journal, les grévistes ne veulent plus discuter tant que la direction locale de la mine ne fera pas de nouvelle proposition.
 
De son côté, la direction n’entend pas céder. « Nous pensons que les revendications du syndicat sont encore très loin de ce que nous pouvons accepter de manière responsable », a déclaré Mauro Valdes à la télévision nationale, qualifiant « d’inexplicable » le comportement des grévistes. Selon lui, le mouvement de protestation fait perdre 15 millions de dollars par jour à la compagnie. La Tercera évoque le chiffre de 9 millions.
 
En visite officielle en Equateur, la présidente Michelle Bachelet a fait savoir que le gouvernement n'interviendrait pas dans le conflit. « C'est un processus de négociation collective entre la Minera Escondida et son syndicat. L'important est de suivre la voie indiquée par la législation chilienne dans ce cas », a estimé la présidente. « La seule chose, c'est que nous espérons que le dialogue aboutisse le plus vite possible et avec, souhaitons-le, de bons résultats », a-t-elle ajouté.
 
Baisse de 40 % de la production
 
En raison du mouvement de grève, BHP Billiton estime que la production est réduite à 40 % de sa capacité. Le groupe anglo-australien a d’ores et déjà prévenu ses clients qu'il ne sera pas en mesure d'assurer la totalité de ses livraisons de cuivre, évoquant un cas de « force majeure ». Selon la presse chilienne, l'entreprise aurait embauché un millier de « briseurs de grève » pour remplacer les grévistes.
 
La grève à Escondida et les problèmes du gisement chilien de Chuquicamata, touché il y a deux semaines par un glissement de terrain et où la production ne reviendra pas à la normale avant trois mois, ont accru les pressions déjà fortes sur les marchés mondiaux des métaux. A Londres, la nouvelle de la grève a fait grimper le cuivre à plus de 8.000 dollars la tonne, près de ses records historiques.
 
Le Chili est le premier producteur d’or rouge, métal utilisé notamment dans l’automobile et l’électronique. A elle seule, Escondida, située en plein désert d’Atacama, à 1.300 km au nord de Santiago, fournit 8 % de la production mondiale.
 
 
Quelque jours plus tard, voilà une réponse qui donne à réfléchir...
 
 
Cuivre: BHP Billiton, plus généreux avec ses actionnaires qu'avec ses mineurs
Par Par Pierre PRATABUY , pour Yahoo! Finances
mer 23 aou, 16h30        

LONDRES (AFP) - Le premier groupe minier mondial BHP Billiton a promis mercredi 3 milliards de dollars à ses actionnaires, grâce à des bénéfices annuels records, tandis qu'il s'oppose aux revendications salariales des mineurs d'Escondida au Chili, en grève depuis deux semaines.

BHP Billiton a engrangé un bénéfice net de 10,5 milliards de dollars sur l'exercice achevé en juin, dopé par les prix élevés des métaux de base, dont la forte progression depuis un an a été le principal moteur de la croissance des résultats, selon la banque UBS (Virt-X: UBSN.VX - actualité) .

 
Le cuivre, en particulier, a vu son cours moyen passer de 3.300 dollars à 7.111 dollars la tonne sur le marché des métaux de Londres, après un record de 8.800 dollars en mai. C'est la raison pour laquelle les mineurs d'Escondida, qui fournissent 8% de la production mondiale de ce métal, réclament un salaire plus élevé et une prime.

Les quelque 2.000 grévistes demandaient à l'origine, en plus d'une augmentation de 13%, une prime de 30.000 dollars, qui aurait coûté à BHP Billiton et aux autres actionnaires du site la somme, bien inférieure au gâteau que vont se partager les actionnaires, de 60 millions de dollars.

Face à l'opposition de la direction, ils ont revu leurs ambitions à la baisse à plusieurs reprises et ne réclamaient plus mardi qu'une hausse de 8% des salaires et un bonus de 19.000 dollars.

BHP Billiton, qui a augmenté de 29% le dividende versé cette année à ses actionnaires, propose une hausse des salaires de 4% et un bonus de 18.000 dollars, offre rejetée par le syndicat des mineurs.

"Nous espérons que l'entreprise comprendra que nous sommes disposés à parvenir à une bonne issue à ce conflit", avait déclaré mardi le président de ce dernier, Luis Troncoso.

"Nous sommes déçus qu'ils n'aient pas réussi à trouver un accord", a rétorqué Chip Goodyear, directeur général de BHP Billiton, mercredi lors d'une conférence de presse.

Selon lui, la proposition de la direction d'Escondida est "équitable". La situation à la mine reste par ailleurs "gérable", malgré une production réduite à 40% de sa capacité. La loi chilienne autorise le groupe à remplacer les grévistes par des intérimaires.

Son chiffre d'affaires a progressé de 20% à 32,2 milliards de dollars sur l'exercice écoulé, grâce à la cherté des métaux mais aussi à des niveaux de production sans précédent, pour répondre à une très forte demande, notamment chinoise.

BHP Billiton a d'ailleurs enregistré une "production record d'argent et de cuivre" à Escondida, la mine ayant contribué aux bénéfices à hauteur de 2,6 milliards de dollars, contre 1,1 milliard un an plus tôt, selon un communiqué.

La flambée du cuivre a également rapporté, à elle seule, 1 milliard de dollars au groupe Rio Tinto (London: RIO.L - actualité) , autre grand actionnaire d'Escondida.

Les analystes d'ABN Amro (Amsterdam: AABA.AS - actualité) avaient qualifié BHP Billiton la semaine dernière de "machine à faire de l'argent", la hausse des cours des matières premières compensant toujours celle des coûts de production, que le groupe met pourtant en avant pour justifier son contrôle des salaires.

BHP, deuxième producteur mondial de cuivre et de charbon, numéro trois pour le nickel, numéro quatre pour l'uranium et numéro six pour l'aluminium primaire, a estimé mercredi que le marché des métaux restait solide, soutenu par "les insuffisances de l'offre" par rapport à la demande. De fait, la réduction de la production à Escondida entretient le cours du cuivre.

Malgré tout, la croissance des bénéfices et les largesses de BHP à leur égard ne semblaient pas contenter les actionnaires du groupe, dont l'action reculait de 2,3% à 1.032 pence à 13H30 GMT à la Bourse de Londres, après avoir lâché 1,3% à la Bourse de Sydney où elle est également cotée

 
par hélène&tony publié dans : La grève de la mine Escondida d'août 2006
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